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08/05/2018 : « Mettre en valeur les monts d’Arrée » par Monique Keromnès

Le Tro Menez Are, c’est un bon moyen de découvrir les paysages et le patrimoine des monts d’Arrée, comme ici, à Commana, en 2013.

Si l’objectif premier du Tro Menez Are, à sa création, en 1989, était de collecter des fonds pour Diwan Commana, les parents d’élèves ont associé à cet événement un autre but : sortir les monts d’Arrée de leur anonymat. Près de 30 ans après, ils ont réussi !

« En 1989, nous étions à la recherche d’une manifestation pour trouver de l’argent pour notre école Diwan, à Commana. C’est l’idée d’une marche populaire dans les monts d’Arrée, sur le même modèle que ce qui se faisait déjà en Allemagne, qui a émergé », se souvient Philippe Canevet, membre de l’équipe fondatrice du Tro Menez Are qui insiste : « c’était nouveau en Bretagne ».
Trente éditions plus tard, l’essence du « Tro Menez » reste la même : en faire un outil de découverte et de promotion des monts d’Arrée. « D’ailleurs, c’est inscrit dans les statuts », rappellent, en souriant, David Queinnec, président actuel, et Pierre-Yves-Moal, maire de Locmélar, ancien du Tro Menez Are. « Il s’agissait, à l’époque de mettre en valeur cette superbe zone qui restait méconnue et moins bien desservie que la côte ».

« Diwan Commana, c’est l’école des monts d’Arrée »

Il faut dire que l’école, créée en 1977 – « c’était la troisième après Lampaul-Ploudalmézeau (29) et Quimper » -, accueille aujourd’hui 63 élèves venus de douze communes différentes. « Elle a toujours été considérée comme l’école des monts d’Arrée », aime à rappeler Pierre-Yves Moal. D’où l’idée, également, de rendre le Tro Menez Are itinérant en lui faisant changer de commune tous les ans.

Qui, à part les spécialistes, aurait entendu parler du Pays Chelgen sans le Tro Menez Are ?

La première année, à Commana, en 1989, 450 marcheurs se déplacent. « Essentiellement des gens du réseau Diwan et leur entourage », se souviennent les organisateurs. « Ça a soudé l’équipe et nous a convaincus que c’était la bonne formule », explique Philippe Canevet. Et, petit à petit, le flot des marcheurs prend de l’ampleur. Jusqu’à 8 000, en 2010, à Huelgoat (29) ou l’an dernier, au Cloître-Saint-Thégonnec (29). « C’est devenu un rendez-vous. On a des gens qui viennent, qu’il pleuve ou qu’il vente, d’une année sur l’autre. Beaucoup sont fidèles et c’est aussi pour cela qu’on est très attendus sur les sentiers proposés ».

« Le maire du Cloître pleurait de voir 3 500 personnes chez lui ! »

« Un de mes meilleurs souvenirs restera notre premier passage au Cloître-Saint-Thégonnec. Le maire de cette petite commune pleurait de joie parce qu’il y avait 3 500 randonneurs dans son bourg ! On a contribué à faire connaître le musée du Loup », insiste Philippe Canevet.
Cette année encore, les organisateurs savent qu’ils remplissent leur mission. Malgré la difficulté, après 29 éditions, de trouver un nouveau thème. « On met en valeur le Pays Chelgen. Locmélar en est au cœur. Situé au sud du Léon, c’est le pays des Juloded, ces paysans marchands toiliers qui ont financé la construction des enclos paroissiaux. Qui, à part les spécialistes, aurait entendu parler du Pays Chelgen sans le Tro Menez Are ? », lance Pierre-Yves Moal, le maire de Locmélar.

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